sandra cadiou : e-portfolio
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RECHERCHE

Je poursuis un doctorat au laboratoire de l'EFTS à l'Université Toulouse Jean Jaurès sous la direction de Michel Grandaty et Marie-France Carnus.  

Mon sujet porte sur la didactique de l'écrit, autrement dit l'étude de l'apprentissage de l'écriture. La question que je me pose porte sur le mécanisme de l'écriture dans le cadre scolaire. 

Qu'est-ce qui se passe, quand l'élève est mis en situation d'écriture par l'enseignant?

Qu'est-ce qui se passe dans sa tête et sur sa page? Qu'est-ce qui s'y passe?  Comment voit-il ça? Comment ça pense?

 

En me promenant du coté de chez Perec, j'ai réalisé que son rapport à l'écriture pouvait m'apporter des réponses, tout au moins des questions. Pourquoi le regard est-il si important ? En quoi l'espace de la page est déterminant ? Qu'est-ce qu'on cherche à écrire ? Qu'est-ce qu'on désire ? Son projet littéraire a été soutenu par plusieurs cures dont la troisième avec Pontalis a été déterminante. Alors l'énigme du puzzle a sinon été trouvée du moins cernée.

S'approcher, cerner, border au plus près. La lettre borde le trou affirme Lacan. S'agit-il de renouer avec le désir, l'objet(a) pour mieux écrire ?


 

Finalement en tentant de faire un parallèle entre le rapport à l'écriture de Perec et le rapport à l'écriture d'un sujet élève, plusieurs remarques me viennent à l'esprit :

Quand un élève écrit, il pense et écrit avec la page : c'est peut-être un lieu de dialogue avec lui-même et son désir, où la pulsion scopique jouerait à plein. L'oreille de l'enseignant pourrait être aussi déterminante dans leurs interactions.

C'est aussi un élève divisé : est-ce que j'écris tout ce que je pense ? Il est aussi assujetti. Est-ce que mon prof sera d'accord de lire ça ? Est-ce que je peux l'écrire ? Est-ce que c'est ça qu'il attend ? Est-ce que j'en ai envie ?

Et puis le sujet enseignant se pose aussi les mêmes questions. Il est lui aussi assujetti et divisé.

Finalement l'inconscient entre en jeu dans la mise en écriture et la didactique clinique de l'équipe de l''EDiC (Carnus, Terrisse) pourrait m'être d'un précieux secours pour comprendre un peu mieux tout ça.

 

Mon questionnement croise divers champs : Clinique, Lettres, Psychanalyse et s'engage à la suite de divers concepts du sujet en écriture: vers un sujet élève pris dans le didactique qui travaille sa division avec un sujet enseignant supposé savoir, et qui devient sujet de son écriture.

 

Poster d'Octobre 2015 présenté aux JOURNEES EFTS à TOULOUSE

 

Dans le symposium 11 du 4ème colloque internationale de l'ARCD à Toulouse ,  j'ai présenté ma réflexion sur ce que peut nous apprendre la situation de l'écrivain Perec en cure et les parallèles qu'on pouvait esquisser avec celle de l'élève en situation d'apprentissage en classe de français : en quoi la rencontre du désir, du savoir et du sujet est déterminante?

En 2016, j'ai suivi quatre élèves volontaires de Première bac pro durant une séquence d'apprentissage de la nouvelle à chute. J'ai filmé les séances de cours, eu des entretiens indidviduels ( audio et enregistrés) avec chacun d'entre eux le lendemain de chaque cours et gardé la trace de tous leurs travaux écrits : exercices et diverses versions de leur nouvelle à chute indidviduelle.

Après avoir transcrit tous les verbatims audio et vidéo, je construis les cas : je m'attache à retracer la posture des sujets-élèves rencontrés, en situation d'apprentissage de l'écriture de fiction : d'où écrivent-ils? comment traversent-ils l'éperuve ( Terrisse, 1994) de l'écriture? Et qu'en résulte-t-il : texte et savoir produit? cela forme les vignettes didactiques cliniques.   

Lors du colloque du CREN en octobre 2016 à Nantes, j'ai présenté un micro décrochage scolaire au sein d'une séquence d'écriture en lycée professionnel. 

 

Le cadre de la Didactique Clinique attachée à la théorie de l’inconscient et aux enjeux du langage chez tout sujet permet de mettre à jour les liens entre savoir et désir dans l’apprentissage de l’écriture et montre en quoi le sujet se réalise. A travers la vignette didactique clinique de Luc, on peut comprendre comment cet élève à l’aise avec l’écriture, rencontre soudain des difficultés et comment il parvient à raccrocher avec la réussite.L'investissement personnel - psychique - au coeur de l'apprentissage de l'écriture va peser dans ces micro décrochage et raccrochage qui font le chemin de l'apprentissage de Luc. Le déjà-là ( Carnus, 2001) est donc au coeur de la conversion didactique ( Buzniq-Bourgeacq, 2005) présente aussi chez l'élève. 

 

L'enseignant présente son savoir par le filtre (Loizon, 2004) de son déjà-là (Carnus, 2005), autrement dit des élements psychiques sont transposés dans le savoir dispensé, c'est la conversion didactique (Buznic- Bourgeacq, 2005).

Tout comme l'enseignant, l'élève convertit des éléments psychiques qui se logent au coeur de ses productions écrites et de son savoir-écrire.

La vignette didactique de Blow montre comment cet élève transpose son déjà-là dans ses productions écrites.

Le discours du maître de Lacan (1966) nous permet d'articuler les question de désir et de langage : savoir(s), objet(a), fantasme et sujet divisé et signifiant et donc de mieux comprendre sa construction du savoir-écrire

Poster présenté au Colloque Savoir(s) et Sujet(s) les 18 et 19 novembre 2016 et aux journées JEFTS du 24 et 25 novembre 2016 novembre 2016

«“Si vous voulez, nous pourrons tout de même sortir un après-midi et nous pourrons alors aller à Guermantes, en prenant par Méséglise, c'est la plus jolie façon”, phrase qui en bouleversant toutes les idées de mon enfance m'apprit que les deux côtés n'étaient pas aussi inconciliables que j'avais cru.» Albertine Disparue, Proust