sandra cadiou : e-portfolio
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MEURS



 

présentation

Meurs est une pièce  de théâtre mêlée de danse. Une femme écrit, se questionne. D'autres femmes ont des enfants. Un chien meurt. Et Claire.

 

 

 

un extrait

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La femme est assise sur une chaise au milieu de la scène devant le bureau. Elle arbore un air content.

 

La femme : - Je n’ai jamais eu d’enfants. Mais j’ai écrit huit livres. Non pas que je n’aime pas les enfants, j’aime bien ceux de Cécile…non, vraiment. C’est que je n’ai pas eu le temps…ni les occasions peut-être. Elle réfléchit. J’en ai eu quelques unes. Elle sourit. Mais … c’est…. que déjà, ma mère et mon père n’ont pas eu beaucoup d’enfants. Je veux dire moi. Que moi. Mes parents n’ont eu qu’un enfant, moi. Je ne leur ai peut-être pas fait très envie. … d’en avoir d’autres. Ou peut-être n’étais-je pas un enfant. Et je n’offrais pas les ignorances, les inconsciences ou les maladresses heureuses des enfants qui réjouissent les adultes dans leur rôle de parent, de parent sachant ... Et protecteurs. Et qu’il était difficile de me protéger.

 

Les danseurs reviennent du fond par la gauche et la droite, dansent à nouveau de manière asphyxiée et manquent de tomber.

 

La femme : - Parfois les protections n’existent pas. Ce n’est pas facile d’être démuni et ça décourage d’être parent.

 

Elle prend un ton singulier et menaçant

 

La femme : - Ca doit assécher.

 

Elle tourne la tête derrière elle. Les danseurs ont disparu. Elle regarde à nouveau devant elle. Elle prend un ton professoral qui martèle les syllabes haut et fort, comme pour une dictée. Elle réajuste sa jupe en même temps.

 

La femme : - Le fait est que mes parents n’ont pas eu d’autres enfants. La sœur de ma mère a accouché de ma cousine Cécile. Et puis il y a eu les deux garçons, morts l’année dernière. Très vite et assez bas: Mon père est fils unique. Haut. On ne sait pas ce qui se passe. Mais ça ne vient plus. Ils appellent ça « le Mystère de la vie » sur un ton noble et ironique.

 

Des danseurs sont arrivés sur le côté de la scène. Ils parlent, voire chantonnent ensemble d’un ton policé, mais pas tous ensemble.

 

Les danseurs : - Non ma fille, ne plaisantez pas. Non ma fille, ne blasphémez pas

 

La femme : Par-dessus leurs voix - Je n’ai pas commencé, Nom de Dieu !

 



Le texte intégral

 

CHRISTEL BOSIO est une plasticienne qui a illustré la première de couverture de mon deuxième roman Canlettrange. Pour Meurs, huit encre et collages donnent un éclairage singulier à la pièce. C'est une toute autre facette de cette artiste qui apparaît ici. Ces oeuvres et mon texte datent de 2008, mais le dialogue s'est construit en 2012.

Vous pouvez choisir la version PDF en téléchargement ci dessous ou la version EPUB envoyée en pièce jointe par mail ( contact@sandracadiou.com).

Texte intégral de MEURS en version illustrée par CHRISTEL BOSIO- FORMAT PDF
Meurs illustré de Bosio Cadiou.pdf
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Meurs Illustré de BOSIO et CADIOU est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 non transcrit.

«“Si vous voulez, nous pourrons tout de même sortir un après-midi et nous pourrons alors aller à Guermantes, en prenant par Méséglise, c'est la plus jolie façon”, phrase qui en bouleversant toutes les idées de mon enfance m'apprit que les deux côtés n'étaient pas aussi inconciliables que j'avais cru.» Albertine Disparue, Proust