sandra cadiou : e-portfolio
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en bref

Deux-Une est un roman d'anticipation. Le topos du clone est la voie royale pour traiter de l'identité. C'est aussi un moyen de prendre de la distance, par le biais de ce que je n'aime guère : la science-fiction, pour mieux éviter les écueils auto-centrés du premier roman.

Editions Artistfolio

extrait du roman. l'incipit

             Nouvelle attaque sur le front ouest, par les troupes du F.A.U.L., heureusement sans gravité. Leur nombre et leur armement nettement inférieurs aux forces alliées ne parviennent pas à modifier leur position. L’Egypte et l’ancien Soudan restent sous le contrôle américano-européen. Une dépêche soutient même que les percées de l’ennemi, gagnées-je vous le rappelle- lors des combats de février 2126, seraient à nouveau sous le contrôle de militaires espagnols de l’Union. Nous attendons des informations plus certaines pour ce soir.

            « Passons à la météorologie. Les précipitations sont plus faibles que celles de l’an dernier. Cependant, il n’y a pas d’inquiétude majeure, elles correspondent aux prévisions des météorologistes. Par contre, ce n’est pas le cas de la sécheresse qui sévit plus fort que prévu sur le continent africain. Cela rend les opérations de nos soldats particulièrement pénibles.

             « Voilà pour les informations de ce lundi 2 décembre 2130. Prochain rendez-vous dans une heure.

              Kim regarde Pallas se lever.

              - Tu t’en vas ?

              - J’ai rendez-vous avec le médecin. Il doit aussi faire le suivi de ma Clone.

              Pallas quitte le morne salon. Régulière et sourde, sa lourde démarche bat le rythme. Ses traits sont fatigués, quoique jeunes. Elle enfile son manteau, déverrouille la porte donnant aux sous-sols et s’enfonce dans l’escalier.

              Soudain l’obscurité. Elle peste, secoue son passe. Inutile, il suffit d’appuyer calmement sur le dos du passe. Le verrou s’enclenche derrière elle et la lumière revient. L’escalier lui semble étroit et moins long qu’autrefois. Petite, le long boyau l’effrayait. Trop sombre. Aujourd’hui encore elle appréhende cette descente, drue et inévitable, dans le serpent souterrain de la maison. Pallas se tient à la rampe.

              En bas, la porte s’ouvre au bip de son passe et le serpent vomit Pallas dans les entrailles de la ville. Il fait chaud, mais elle remonte son col. La voie est peu empruntée, pourtant elle préfère regarder le sol, plutôt que de croiser les regards du voisinage descendu lui aussi. Le martèlement de ses talons résonne un peu plus fort sur le sol du Souterrain. Son pas rebondit davantage. Pallas songe alors au rendez-vous avec le médecin. Peut-être en sortira-t-il un jour quelque chose de bon ?

             Elle atteint la rue principale et s’agglutine au groupe des marcheurs. La lumière crue dessine les profils de visages familiers, similaires, devenus blafards et macabres sous les néons. Malgré tous leurs efforts, ça sent toujours un peu l’humidité des égouts.

             Elle arrive devant le quartier d’habitation et attend son tour. Le gardien japonais la reconnaît.

             - Pallas-Clone est attendue, annonce-t-il dans le micro.

             Le gardien lui sourit gentiment. Elle n’aime pas ça. Rapidement, Pallas-Clone arrive et les deux silhouettes identiques repartent dans l’autre sens.





rencontre

En mai 2010, deux classes du Lycée Jeanne Delanoue les Trois Provinces ont étudié Deux-Une et ont réalisé un beau travail de français: adaptation théâtrale, mise en voix, analyse, de communication : conception d'affiches,  ou bien encore de documentation avec des créations de couvertures.

Il semble que la boucle est bouclée dans un constant va et vient entre perception et création. Et eau milieu, l'indicible, la pensée.

Merci aux enseignantes de ces trois disciplines et aux élèves.

 

«“Si vous voulez, nous pourrons tout de même sortir un après-midi et nous pourrons alors aller à Guermantes, en prenant par Méséglise, c'est la plus jolie façon”, phrase qui en bouleversant toutes les idées de mon enfance m'apprit que les deux côtés n'étaient pas aussi inconciliables que j'avais cru.» Albertine Disparue, Proust